JACQUELINE HARPMAN
Jacqueline Harpman est Belge. Membre de l’Association
psychanalytique internationale, elle a déjà publié neuf romans dont cinq aux
Editions Stock, parmi lesquels La fille démentelée et La plage d’Ostende. Elle
a reçu le Prix Médicis 1996 pour Orlanda (Grasset). Bibliographie complète
Voici
un aperçu de quelques unes de ses oeuvres :
Ø Moi qui n’ai pas connu les hommes (avec commentaire)

Quatrième de couverture : Elles sont quarante, enfermées dans une cave, sous la surveillance
d’impassibles gardiens qui les nourrissent. La plus jeune – la narratrice – n’a
jamais vécu ailleurs. Les autres, si aucune ne se rappelle les circonstances
qui les ont menées là, lui transmettent le souvenir d’une vie où il y avait des
maris, des enfants, des villes…
Mystérieusement libérées de leur geôle, elles entreprennent sur
une terre déserte une longue errance à la recherche d’autres humains – ou d’une
explication. Elles ne découvrent que d’autres caves analogues, peuplées de
cadavres.
On a pu parler de Kafka, de Paul Auster ou du Désert des Tartares
au sujet de cette œuvre à la fois cauchemardesque et sereine, impassible et
bouleversante.
Commentaire (Léthée Nevermind) : Je viens tout juste de découvrir Jacqueline
Harpman avec ce livre. Le début de ma lecture fut un peu difficile, ayant du
mal à imaginer ce que l’on me décrivait. L’auteur nous entraîne dans un monde
inimaginable et dont pourtant tout le monde rêve au moins une fois dans sa vie.
Dans le cheminement de ce livre, rien n’est prévisible ; les lecteurs que
nous sommes tous étant habitués aux clichés, aux coups d’éclats. Ce roman
évoque toutes nos interrogations ; pourquoi ? comment ? Ces
questions ont bien sûr fait l’objet de nombreux romans avant celui-ci et ce
sera encore le cas ! Mais jamais ces questions ont été abordées sous cet
angle, et de façon aussi complexe. Comment répondre à ces interrogations
lorsqu’on ne connaît de la vie qu’une cave, 39 autres femmes, 6 gardes avec
lesquels aucun dialogue n’est possible ? Comment concevoir le monde sans
l’avoir jamais vu ? Aussi loin de nous que puisse paraître cette histoire,
elle semble toutefois bien réelle. Enfin qui n’a pas rêvé un jour d’être seul
dans un monde où tout est possédé enfin ? Où la solitude est reine
et l’absence parfaite.
Plus sérieusement, l’isolement, la séquestration, ont fait l’objet
de plusieurs films et romans. On se souviendra au cinéma de « Dogville », où, la séquestration est accompagnée d’esclavage, et où
elle est la conséquence d’un ou de plusieurs actes. Mais on se souvient aussi
inévitablement de « Cube », où la séquestration n’a pas de cause
connue, et donne ainsi libre court aux questions les plus folles, ou les plus
sensées. Qu’y-a-t-il dehors ? Est-ce mieux ou pire ailleurs ? Y
a-t-il un extérieur encore ? ou un ailleurs ?
Il y a également l’auto-séquestration, par peur de l’extérieur, traitée
dans « La jeune fille et la mort » de façon très brève et en toile de
fond. L’auto-séquestration par peur du souvenir. Puis il y a la séquestration
par égoïsme – puis par amour, traitée dans « Mercure » ;
et l’enfermement par défi dans « Le Pari » de Tchekhov.
Une longue partie de ce livre traite donc de la séquestration, et
comme pour nous inviter à nous poser autant de questions que les
personnages : aucune réponse, aucune solution ne sont données. L’auteur ne
se permet, ne nous offre aucune justification.
Quand un lieu ne nous convient pas, on espère toujours qu’un
ailleurs bien meilleur nous attende quelque part. A la sortie cependant, pas d’éclat ; Pas de surprise, mais
seulement le vide. Alors comme tous les espoirs sont permis, la femme fait ici
ce que l’homme ferait en pareilles circonstances : elle se met en quête.

Quatrième de couverture : « Dès que je le vis, je sus que Léopold Wiebeck m’appartiendrait.
J’avais onze ans, il en avait vingt-cinq… je lus ma vie sur son visage et d’un
instant à l’autre, je devins une femme à l’expérience millénaire. » Prise
ainsi par une passion que rien n’éteindra, Emilienne devra des années attendre
son heure. Talentueux, beau, aimé des femmes, Léopold fait un mariage d’argent
pour pouvoir se consacrer à la peinture. La jeune fille va lentement tisser sa
toile, ne reculant devant rien, sacrifiant au passage quelques existences. Des
années plus tard, après la mort de son amant, Emilienne désespérée, mais sans
remords, demeurera certaine que c’était le prix à payer pour vivre sa passion.

Quatrième de
couverture : Un homme, une femme. Une rencontre de hasard
dans le TEE Paris-Bruxelles. Un tête-à-tête de deux heures, et des vies qui
vacillent. Elle, c’est Cornélie. Elle vient d’assister à l’enterrement de son
ex-mari. Elle mène une vie indépendante entre son travail et quelques amants
occasionnels. Lui, c’est Henri. Il se croit heureux dans sa vie confortable de
cadre, d’homme marié et de père de famille. Il se mettent à parler, se
racontent, se confient. Et vite, follement vite, comprennent qu’ils sont fait
l’un pour l’autre, dans cet intermède du temps entre deux villes… Mais ils ont
oublié que les trains arrivent toujours.
L'Amour et l'acacia (Julliard, coll.
Nouvelles, 1958)
Brève Arcadie (Julliard, 1959) Prix Rossel
L'Apparition des esprits (Julliard, 1960)
Les Bons Sauvages (Julliard, 1966 et Labor,
coll. Espace Nord, no 79)
La Mémoire trouble (Gallimard, 1987)
La Fille démantelée (Stock, 1990)
La Plage d'Ostende (Stock, 1991 et Livre de
Poche no9587)
La Lucarne (Stock, 1992)
Le Bonheur dans le crime (Stock, 1993)
Moi qui n'ai pas connu les hommes (Stock,
1995 et Livre de Poche no14093)
Orlanda (Grasset, 1996 et Livre de Poche no14468)
Prix Médicis
L'Orage rompu (Grasset, 1998)
Dieu et moi (Mille et une nuits, 1999)
Récit de la dernière année (Grasset, 2000)
Le véritable amour (Ancrage, 2000)
La vieille dame et moi (Le Grand Miroir,
2001)
En quarantaine (Mille et une nuits, 2001)
La dormition des amants (Grasset, 2002)